Livre (nom masculin, nom féminin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

I.
XI e siècle. Emprunté du latin liber, libri, de même sens .

I. Assemblage de feuilles manuscrites ou imprimées destinées à être lues.
1. Dans l'Antiquité et au Moyen Âge, suite de feuillets manuscrits réunis en une bande enroulée autour d'un cylindre, ou pliés et cousus en cahiers. Un écrit à la plume, au pinceau. Un écrit sur papyrus, sur soie, sur parchemin. Un orné d'enluminures. À l'époque moderne, assemblage de feuilles de papier imprimées, formant un volume relié ou broché. Les feuilles, les feuillets, les pages d'un . La couverture, la tranche, le dos d'un . La marge, les marges d'un . Feuilleter un . Les cahiers d'un . Un en feuilles, qui n'est encore ni broché ni relié. Faire relier un en veau, en maroquin. Livre marbré sur tranche, doré sur tranche. Livre in-folio, in-octavo, in-12, in-16, in-32. Livre de poche, imprimé dans un format réduit, pour un faible coût de fabrication, et vendu à prix modique. Collectionner les s anciens, les s rares. Les s d'une bibliothèque. Ranger des s par auteurs, par matières. Expr. Ouvrir, fermer un , commencer, cesser de lire. Après cela, il faut fermer le , il n'est pas besoin d'autres recherches. Loc. adv. À ouvert, en ouvrant le pour la première fois. Traduire un auteur à ouvert, avec facilité dès la première lecture. Lire la musique, chanter, accompagner à ouvert. Fig. Je lis en lui, je lis dans son cœur à ouvert, je pénètre aisément ses pensées, ses sentiments. Par méton. (parfois avec la majuscule). Activité d'imprimeur, d'éditeur ; industrie de l'imprimerie, de l'édition. Le commerce du . Les métiers du .
2. Ouvrage constituant un volume imprimé. Écrire un . Publier, faire paraître un . Rééditer un épuisé. Un à grand tirage, à tirage limité. Livre revu, corrigé, augmenté par l'auteur. Dédier un à quelqu'un. Dédicacer un . Lire, parcourir un . Le titre, le contenu d'un . Un bien écrit, mal écrit. Un bon, un excellent . Mauvais , dangereux, condamnable. Livre de droit, de théologie, de grammaire, de poésie, d'histoire. Un de cuisine. Un auteur de s pour enfants. Livres de classe ou livres scolaires. Les s de prix, donnés en récompense aux élèves en fin d'année. Livre de chevet, que l'on garde toujours à portée de la main pour le consulter ; par ext., ouvrage qu'on a en prédilection, auquel on revient très souvent. Par méton. Au pluriel. Lecture, étude, érudition. L'amour des s. Avoir du goût pour les s. Laisser, abandonner les s. Loc. et expr. Sécher, pâlir sur les s (vieilli), lire avec une assiduité excessive. Fam. Dévorer un , des s, lire avec avidité, avec une extrême promptitude. Avoir toujours le nez dans un , dans les s, s'adonner sans retenue à la lecture. N'avoir jamais mis le nez dans un , être inculte. Parler comme un , parler avec facilité et en termes recherchés (s'emploie souvent avec une nuance d'ironie). On ferait un de ses exploits, de ses folies, ses exploits, ses folies sont en nombre considérable. En parlant d'un auteur. C'est l'homme d'un seul , il doit sa notoriété, sa célébrité à un seul ouvrage ou à une seule inspiration.
3. Livres saints, s sacrés, qui contiennent les révélations et les enseignements propres à une religion. La Bible, le Coran sont des s sacrés. Expr. Les religions du Livre, qui sont fondées sur un texte sacré. Le judaïsme, le christianisme et l'islam sont des religions du Livre. Les peuples du Livre. . Les s de l'Ancien Testament. Livres sapientiaux, qui enseignent la sagesse, comme le de Job, les Proverbes, le Cantique des cantiques ou l'Ecclésiaste. Le de l'Apocalypse, dans le Nouveau Testament. Livres canoniques, inscrits dans le canon des Écritures. Livres apocryphes, qui ne sont pas admis dans le canon des Écritures. Loc. fig. Livre de vie, selon le récit de l'Apocalypse, symbolique où sont inscrits les noms des élus. . Livres d'église, s liturgiques, qui servent à la célébration de la messe et de l'office divin. Livre de messe, à l'usage des fidèles, contenant les textes et les prières de la messe. Livre d'heures, voir .
4. Spécialt. Accompagné d'une épithète de couleur. Recueil de documents. Livre jaune, en France, recueil de pièces diplomatiques. Livre blanc, désigne certains recueils de documents portant à la connaissance de l'opinion publique les données essentielles relatives à un sujet déterminé. Livre blanc sur l'enseignement, sur la criminalité, sur la justice. Livre noir, désignait autrefois un ouvrage traitant de sorcellerie ; se dit aujourd'hui de recueils de documents et d'études visant à mettre en évidence et à dénoncer telle situation, tel abus, tel régime politique. Le « Petit Livre rouge », recueil de textes de Mao Tsé-toung, brandi, récité et invoqué par ses partisans lors de la Révolution culturelle.
5. Chacune des parties principales de certains ouvrages. Le sixième de l'« Énéide ». Les douze s des « Fables » de La Fontaine. Le Code civil est distribué en trois s. Titres célèbres : Le Tiers Livre des faits et dicts héroïques du noble Pantagruel et le Quart Livre de Pantagruel, de Rabelais (1546 et 1552).
6. Fig. et litt. Ce qui peut devenir objet de connaissance et source d'enseignement. S'instruire dans le grand de la nature. Le grand du monde.

II. Assemblage de feuilles, registre où l'on porte diverses informations, divers renseignements.
1. Registre, cahier à usage personnel, sur lequel on inscrit diverses notes et informations. Tenir un de comptes, de dépenses. Anciennt. Livre de raison, journal tenu par le chef de famille qui y consignait, avec ses comptes, les évènements de la vie familiale et des réflexions personnelles. Le Livre rouge, le registre secret des dépenses et des libéralités de Louis XV et de Louis XVI, imprimé en 1793 par ordre de la Convention.
2. . Registre sur lequel un commerçant doit faire figurer tous les renseignements relatifs à ses affaires, recettes et dépenses, achats et ventes, etc. Les s de commerce. Livre de caisse. Livre d'inventaire. Livre des effets, d'échéances. Livre de paie. Livre journal, voir . Des s paraphés. Exhiber ses s en justice. Tenir les s d'une maison de commerce, être chargé du soin de la comptabilité. Livres tenus en partie double. Teneur de s. Spécialt. Grand ou Grand-livre, voir ce mot.
3. . Livre de bord, se dit parfois pour Journal de bord. Livre de discipline, où le capitaine note les infractions à la discipline commises à bord et les punitions infligées aux marins. Livre de loch, registre sur lequel l'officier de quart inscrit la route suivie, la distance parcourue, l'état du vent et de la mer, etc. Livre des feux, des signaux.
4. Spécialt. Livre d'or. Dans certaines cités italiennes, au Moyen Âge, registre où étaient inscrits en lettres d'or les noms des familles patriciennes. Le d'or de Venise, de Gênes. Sous la Restauration, registre où étaient inscrits les noms des pairs de France. Fig. Liste des personnes qui ont accompli une action mémorable dans un domaine déterminé. Le d'or de l'aviation, de la chanson. Par anal. Registre sur lequel des hôtes de marque apposent leur signature, parfois assortie de commentaires ou de remerciements. Le d'or d'un château, d'un musée, d'un restaurant.


1ère signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin ou de parchemin, imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble et formant un volume broché ou relié. "Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé. Livre doré sur tranche, marbré sur tranche. Les s d'une bibliothèque. Catalogue de s. La marge, les marges d'un . Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture, la tranche, le dos, le signet, les coins d'un livre."
"Livre en feuilles," Les feuilles imprimées d'un qui n'est encore ni broché ni relié.
"Livre in-folio" ou "In-folio." Voyez IN-FOLIO. "Livre in-octavo" ou "In-octavo." Voyez IN-OCTAVO. On dit de même "Livre in-douze, in-seize, in- trente-deux, etc."
"Livre dépareillé," Volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci.
LIVRE signifie aussi Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense, ce qu'on achète et ce qu'on vend, ses dettes actives et ses dettes passives, etc. "Livre de compte. Livre de dépense. Écrivez, mettez cela sur votre . Livres de commerce. Livre de caisse. Livre d'inventaire. Livre de marchandises. Livres paraphés. Exhiber ses s en justice."
"Livre de raison" désignait jadis un Journal tenu par le chef de famille qui inscrivait, avec ses comptes, les événements tels que naissances, mariages, etc., et ses propres réflexions.
En termes de Commerce, "Livre de recettes, Livre de dépenses, Livre de copies de lettres, Livres d'échéances."
"Livre journal." Voyez JOURNAL.
"Tenue, teneur de s." Voyez TENUE, TENEUR. "Tenir les s en partie double." Voyez TENIR.
"Grand Livre." Voyez ce mot à son ordre alphabétique.
"Livre de bord," Registre sur lequel le capitaine d'un navire doit inscrire tous les ordres donnés et tient le journal de la traversée.
"Livre de loch," Registre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent et les divers incidents de navigation.
"Le d'or," Le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques. "Le d'or de Venise."
"Livre d'or" se dit aujourd'hui de la Liste des personnes qui sont l'honneur d'une Société, d'une compagnie.
LIVRE se prend aussi pour Un ouvrage de l'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. "Livre bien écrit, mal écrit. Livre instructif, futile, dangereux. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis à l'index. Livre anonyme, posthume. Livre revu, corrigé et augmenté par l'auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine, d'architecture, etc. Le titre, l'index, la table d'un . Publier, faire paraître un . Dédier un à quelqu'un. Lire, feuilleter, parcourir un ."
"Mauvais ," Livre dangereux, condamnable.
"Livres élémentaires," Ceux qui contiennent les éléments de quelque science.
"Livres classiques." Voyez CLASSIQUE.
"Livres d'église, s de prières," Les s qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. "Livres de dévotion," Livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc.
Fig. et fam., "N'avoir jamais mis le nez dans un ," Être fort ignorant.
Fig., "Dévorer un , dévorer des s," Les lire avec avidité, avec une extrême promptitude. "Sécher, pâlir sur les s," Lire avec une assiduité excessive.
Fam., "On ferait un de ses folies," Avec le récit de ses folies, on remplirait un volume.
Fam., "Parler comme un ," Parler avec facilité, mais en termes recherchés ou trop arrangés pour la conversation. Il s'emploie avec une nuance d'ironie.
Fig., dans le langage théologique, "Être inscrit dans le de vie," Être prédestiné à jouir d'un bonheur éternel.
Fig., "Cela était écrit dans le du destin," se dit d'un Événement où l'on croit voir quelque fatalité.
LIVRE désigne aussi Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. "Cet auteur a distribué, divisé son ouvrage en douze s. Le premier, le second des Rois. Le second, le sixième de l'Éneide."
"Livres saints, s sacrés," Les s qui composent l'Ancien et le Nouveau Testament.
"Livres canoniques." Voyez CANONIQUE.
"Livres apocryphes." Voyez APOCRYPHE.
"Livres sapientiaux." Voyez SAPIENTIAUX.
LIVRE, accompagné d'une épithète désignant la couleur de la couverture, se dit d'un Recueil de pièces diplomatiques, publié par le gouvernement d'un pays. "Livre jaune, bleu, blanc, etc."
À LIVRE OUVERT, "Lire la musique, chanter, accompagner à ouvert," Sans avoir besoin de préparation. "Traduire un auteur à ouvert," Le traduire facilement à la première lecture.



2ème signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom féminin 

Poids qui équivaut à cinq cents grammes. "Une de viande. Une demi- livre. Vendre, acheter à la . Des bougies de quatre, de cinq, de six à la ." Le terme officiel est "Demi-kilo."
Il désignait aussi une Monnaie de compte qui valait d'abord un poids d'argent d'une , mais qui fut progressivement réduite dans le cours du temps, et qui a été remplacée par le franc. "La tournois était de vingt sous, la parisis de vingt-cinq sous. La tournois fut seule usitée à partir de Louis XIV. Compter par s, sous et deniers."
Il s'employait, et on l'emploie souvent encore, en parlant d'un Revenu annuel. "Avoir dix mille s de rente."
"Livre sterling" ou "Livre," Monnaie de compte, en Angleterre, d'une valeur de 20 shillings.



1ère définition d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Réunion de plusieurs cahiers de pages manuscrites ou imprimées. Livre manuscrit. Livre imprimé. Les s d'une bibliothèque. Livre doré sur tranche. Livres reliés, brochés. Les marges d'un .
BALZ.: « Quoiqu'il soit plus vrai qu'il ne fut jamais que c'est faire de grands péchés que de faire de grands s »
SACI: « Ils reconnurent avec soin la terre, et la divisèrent en sept parts, qu'ils écrivirent dans un »
MOL.: « Vos s éternels ne me contentent pas ; Et, hors un gros Plutarque à mettre mes rabats, Vous devriez brûler tout ce meuble inutile, Et laisser la science aux docteurs de la ville »
BOSSUET: « Il ne faut pas s'imaginer le prince un à la main, avec un front soucieux, et des yeux profondément attachés à la lecture ; son principal est le monde »
BOILEAU: « Chez le libraire absent tout entre, tout se mêle ; Les s sur Évrard fondent comme la grêle Qui, dans un grand jardin, à coups impétueux, Abat l'honneur naissant des rameaux fructueux ; Chacun s'arme au hasard du qu'il rencontre »
BOILEAU: « Éclaircis des rabbins les savantes ténèbres, Afin qu'en ta vieillesse un en maroquin Aille offrir ton travail à quelque heureux faquin.... »
RAC.: « J'adore le Seigneur ; on m'explique sa loi ; Dans son divin on m'apprend à la lire »
VOLT.: « Je regarde à présent tous les gros s comme des dictionnaires »
VOLT.: « Vous craignez les s comme dans certaines bourgades on craint les violons ; laissez lire et laissez danser ; ces deux amusements ne feront jamais de mal au monde »
    Chez les anciens, les s étaient des rouleaux, c'est-à-dire une longue feuille de papyrus écrite sur une ou plusieurs colonnes, et roulée autour d'un bâton central (d'où volumen, rouleau, volume).
SACI: « Le ciel se retira comme un que l'on roule, et toutes les montagnes et les îles furent ébranlées de leur place »
    Livre in-folio, in-quarto, in-octavo, in-douze, in-seize, in trente-deux, voy. ces mots.
    Livre en feuilles, imprimé qui n'est encore ni broché ni relié.
    Collationner un , voir si un est complet, s'il n'y manque pas quelque feuillet.
    Livre dépareillé, volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage.
    Terme d'antiquité romaine. Livres de lin ou lintéens, voy. LINTÉENS.
    Livre contrefait, s'est dit autrefois d'un faux , c'est-à-dire d'un bloc de bois ou d'une boîte ayant la forme et les ornements extérieurs d'un . Cette locution n'est plus usitée.
    Traduire un auteur à ouvert, le traduire facilement à la première lecture.
    Fig.
CORN.: « Il connaît l'avenir et les choses passées ; Rien n'est secret pour lui dans tout cet univers, Et pour lui nos destins sont des s ouverts »
    On dit aussi en parlant de la musique : chanter, accompagner, lire la musique à ouvert, lire, chanter, accompagner sans avoir besoin de préparation.
DANCOURT: « Me faire chanter à ouvert, moi ? vous m'embarrassez fort, madame »
    À l'ouverture du , en ouvrant le . Je suis tombé à l'ouverture du sur le passage dont j'avais besoin.
    Ouvrir, fermer un .
V. HUGO: « Amis, un dernier mot, et je ferme à jamais Ce , à ma pensée étranger désormais »
    Fig. Après cela il faut fermer le , le point décisif est trouvé, et il n'y a plus rien à dire.

 2   Fig. Terme de théologie. Le de vie ou des vivants, le décret de Dieu touchant les élus.
MASS.: « N'est-ce pas assez que ces dons fussent écrits de la main même du Seigneur dans le de vie ? »
CHATEAUBR.: « Un prophète ouvrit le de vie : le nom d'Hiéroclès était effacé »
    Être écrit dans le de vie, être prédestiné à jouir du bonheur éternel.
SACI: « Ceux qui habitent sur la terre, dont les noms ne sont pas écrits dans le de vie de l'agneau qui a été immolé dès la création du monde »

 3   Fig. Le du destin, des destins, l'ordre immuable suivant lequel les événements doivent s'accomplir.
VOLT.: « Il ouvrit à ses yeux le du destin »
    Cela était écrit dans le du destin, se dit d'un événement où l'on croit voir quelque fatalité.

 4   Ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Livre bien écrit, mal écrit. Mettre un au jour. Publier, faire paraître un .
RÉGNIER: « Et disent pour bonjour : Monsieur, je fais des s »
LA FONT.: « Hâte-toi, mon ami, tu n'as pas tant à vivre ; Je te rebats ce mot, car il vaut tout un »
PASC.: « Le dernier qu'il a fait contre M. Arnaud »
PASC.: « Il faut qu'on n'en puisse dire [d'un homme] ni, il est mathématicien, ni prédicateur, ni éloquent, mais, il est honnête homme.... quand en voyant un homme, on se souvient de son , c'est mauvais signe »
PASC.: « Certains auteurs, parlant de leurs ouvrages, disent : mon , mon commentaire, mon histoire.... ils feraient mieux de dire : notre , notre commentaire, notre histoire, vu que d'ordinaire il y a plus en cela du bien d'autrui que du leur »
PASC.: « Les meilleurs s sont ceux que ceux qui les lisent croient qu'ils auraient pu faire : la nature, qui seule est bonne, est toute familière et commune »
SÉV.: « Enfin, tant que nous aurons des s, nous ne nous pendrons pas »
FLÉCH.: « Un amour curieux des s, une avidité de savoir.... »
BOILEAU: « Un pédant enivré de sa vaine science, Tout hérissé de grec, tout bouffi d'arrogance.... Croit qu'un fait tout, et que, sans Aristote, La raison ne voit goutte et le bon sens radote »
BOILEAU: « Son est d'agréments un fertile trésor »
BOILEAU: « Après cela, docteur, va pâlir sur la Bible ; Va marquer les écueils de cette mer terrible ; Perce la sainte horreur de ce divin »
LA BRUY.: « C'est un métier que de faire un , comme de faire une pendule »
LA BRUY.: « Si l'on ôte de beaucoup d'ouvrages de morale, l'avertissement au lecteur, l'épître dédicatoire, la préface, la table, les approbations, il reste à peine assez de pages pour mériter le nom de »
FONTEN.: « Il y a, surtout en mathématique, plus de bons s qu'il n'y en a de bien faits, c'est-à-dire qu'on en voit assez qui peuvent instruire et peu qui instruisent avec une certaine méthode et, pour ainsi dire, avec un certain agrément »
VOLT.: « Je mets les bons s parmi les choses absolument nécessaires »
VOLT.: « Du temps de Pascal, de Boileau et de Racine, les mauvais s ne valaient rien du tout, au lieu que les plus détestables s de nos jours brillent toujours par quelque endroit »
VOLT.: « Métastase a pris la plupart de ses opéras dans nos tragédies françaises ; plusieurs auteurs anglais nous ont copiés et n'en ont rien dit ; il en est des s comme du feu dans nos foyers : on va prendre le feu chez son voisin, on l'allume chez soi, on le communique à d'autres, et il appartient à tous »
VOLT.: « Vous les méprisez, les s, vous dont toute la vie est plongée dans les vanités de l'ambition et dans la recherche des plaisirs ou dans l'oisiveté ; mais songez que tout l'univers connu n'est gouverné que par des s, excepté les nations sauvages »
VOLT.: « Les s sont aujourd'hui multipliés à un tel point que non-seulement il est impossible de les lire tous, mais d'en savoir même le nombre et d'en connaître le titre »
VOLT.: « De tous les s de l'Occident qui sont parvenus jusqu'à nous, le plus ancien est Homère ; c'est là qu'on trouve les moeurs de l'antiquité profane, des héros grossiers, des dieux grossiers faits à l'image de l'homme »
VOLT.: « Cet examen nous fournira quelque chose de nouveau et de vrai ; c'est la seule excuse d'un »
VOLT.: « Il vit avec les s comme avec les hommes ; il choisit et il n'est jamais la dupe des noms »
DUCLOS: « Le désir de plaire à Mme de Villette fit entreprendre à Helvétius le de l'Esprit »
RAYNAL: « Les s éclairent la multitude, humanisent les hommes puissants, charment le loisir des riches, instruisent toutes les classes de la société »
BERN. DE ST-P.: « Un bon est un bon ami »
    Fig.
MOL.: « Et je veux, si jamais on engage ma foi, Un mari qui n'ait point d'autre que moi »
SÉV.: « Je sens le chagrin que vous avez eu de quitter votre château, et votre liberté, et votre tranquillité ; le cérémonial est un étrange pour vous »
    Commencer, achever un , en commencer, en achever la lecture.
    Peuples du , nom qui désigne, dans le Coran, les juifs, les chrétiens et les sabéens.
    Les mauvais s, les s qui contiennent des doctrines subversives, et aussi les s licencieux.
DIDER.: « Un tableau, une statue licencieuse est peut-être plus dangereuse qu'un mauvais »
    Livre populaire, celui qui, par la modicité de son prix, est à la portée des moindres fortunes.
    Livres élémentaires, ceux qui enseignent les éléments de quelque science.
    Livres classiques, ceux des ouvrages littéraires qui, consacrés par le temps et par une approbation universelle, font autorité.
    Livres classiques, se dit aussi des s qui servent dans les classes à l'instruction de la jeunesse.
    Livres de bibliothèque, ouvrages d'une grande étendue que l'on a pour les consulter, ou ouvrages sérieux qui figurent bien dans une bibliothèque et y font honneur. Livres d'église, s de prières, les s qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église.
    Livres de dévotion, s qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques.
    Livre de paix, le qu'on donne à baiser à la messe.
    Les saints s, la Bible, la sainte Écriture.
SACI: « Ayant pour notre consolation les saints s qui sont entre nos mains »
    Fig. On ferait un de.... se dit pour exprimer que la chose dont on parle fournirait matière à de longs discours.
SÉV.: « Quel gros ne ferait-on point de ses perfections ? »
SAINT-SIMON: « On ferait un et fort divertissant du domestique [de ce qui se passait à l'intérieur] entre le père et le fils »
    Familièrement. Il n'a jamais mis le nez dans un , il n'a jamais rien lu, il est fort ignorant.
    Dévorer un , dévorer des s, les lire avec une extrême avidité, une extrême promptitude.
    Sécher, pâlir sur les s, lire avec une assiduité excessive.
    Familièrement. Parler comme un , parler sur un sujet avec grande connaissance, élégance et facilité.
MOL.: « Vertu de ma vie, comme vous débitez ! il semble que vous ayez appris cela par coeur, et vous parlez tout comme un »
GRESSET: « Bien est-il vrai qu'il parlait comme un »
    Parler comme un , se dit aussi pour faire la critique de quelqu'un qui s'exprime avec facilité, mais en termes recherchés.
    Parler , parler en savant.
RÉGNIER: « Que l'autre parle et fasse des merveilles »
RÉGNIER: « Eh bien ! il parle , il a le mot pour rire »
    Fig. Brûler ses s, voy. BRÛLER, n° 1.

 5   Fig. Il se dit de ce qui enseigne, instruit comme fait un . Le , le grand de la nature. Le du monde.
DESC.: « Et me résolvant de ne chercher plus d'autre science que celle qui se pourrait trouver en moi-même ou bien dans le grand du monde »

 6   Fig. Livre opposé à réalité, pratique.
RETZ: « J'étais trop bien à Paris pour être longtemps bien à la cour ; c'était là mon crime dans l'esprit d'un Italien [Mazarin] politique par »

 7   Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages.
FÉN.: « Mes derniers s [de l'Énéide] sont négligés ; je ne prétendais pas les laisser si imparfaits ; vous savez que je voulais les brûler »
ROLLIN: « Il serait bien à souhaiter qu'on eût pu conserver son histoire [de Tite Live] ; il ne nous en reste que trente-cinq s, dont quelques-uns même ne sont pas entiers ; ce n'est pas la quatrième partie de l'ouvrage, quelle perte ! »
VOLT.: « Il me semble que le second de l'Énéide, le quatrième et le sixième sont autant au-dessus de tous les poëtes grecs et de tous les latins sans exception, que les statues de Girardon sont supérieures à toutes celles qu'on fit en France avant lui »
    Livres sacrés, s canoniques, les s de l'Écriture sainte qui sont reçus de toute l'Église.
    Livres apocryphes, ceux que l'Église ne reconnaît pas pour authentiques.
    Livres sapientiaux, les s de la Bible qui sont plus particulièrement destinés à l'instruction morale, tels que la Sagesse, les Proverbes, etc.
    Livres historiques, s prophétiques, certaines autres parties de l'Ancien Testament.

 8   Terme de musique. Se dit pour livraison, volume. Oeuvre 51, 10e de duos de violon.
    Chant sur le , se dit du plain-chant ou contre-point à quatre parties, que les musiciens composent et chantent impromptu sur une seule.

 9   Il s'est dit jadis dans le sens de t, libretto.
SÉV.: « L'opéra [de Proserpine, de Quinault] est au-dessus de tous les autres ; le chevalier dit qu'il vous a envoyé plusieurs airs, et qu'il a vu un homme [Quinault] qui doit vous avoir envoyé le »
DANGEAU: « Quinault apporta au roi chez Mme de Montespan trois s d'opéra pour cet hiver »

 10   Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense. Livre de compte. Livre de dépense.
GENLIS: « Le maître d'hôtel et le cuisinier lui apporteront, tous les matins, leurs s de dépenses »
    Terme de banque et de commerce. Registre sur lequel on inscrit toutes les opérations financières ou commerciales qui se font. Livre de mise et de recette. Livres de commerce. Livre de caisse. Livres d'acceptations, d'échéances, etc.
    Tenir les s, se dit, chez un négociant, de l'occupation qui consiste à enregistrer tout ce qui est vendu et acheté, et toutes les opérations commerciales en général. Ce commis sait bien tenir les s. Étudier la tenue des s. Il tient ses s en partie double.
VOLT.: « L'anabaptiste Jacques en fit son teneur de s »
RAYNAL: « Leurs comptes, comme tous les autres, se rendent à Batavia, où l'on tient le général de toutes les affaires »
    Être porté, ou, simplement, être sur le d'un marchand, y être inscrit pour marchandise achetée.
    Fig. Être sur le de quelqu'un, être noté par lui comme objet de ressentiment, dont on essayera de se venger tôt ou tard.
    Livre journal, ou, simplement, journal, registre où l'on écrit jour par jour et de suite ce qu'on a reçu ou payé.
    Livre d'extrait, ou grand , ou, quelquefois, de raison, où l'on enregistre et classe les articles du journal. Tous banquiers.... et marchands en gros.... seront obligés de tenir s de raison en bonne et due forme ; et tous marchands, boutiquiers et vendants en détails, des s journaux, Règl. des 2 juin et 7 juillet 1667.
    Par extension.
VOLT.: « Tu as ouï dire qu'Auguste avait un de raison qui contenait le détail des forces de l'empire et de ses finances »

 11   Absolument. Le grand-livre, la liste générale des créanciers de l'État.
CAMBON: « La principale base du projet de votre commission pour annuler promptement tous les anciens titres de créances, pour simplifier les mutations, les oppositions et la comptabilité, et pour faciliter le payement annuel dans les chefs-lieux de district, consiste à former un qu'on appellera grand- de la dette publique ; il sera composé d'un ou plusieurs volumes ; on y inscrira toute la dette non viagère »
CAMBON: « Toute la dette publique non viagère sera enregistrée par ordre alphabétique des noms des créanciers, sur un grand- en un ou plusieurs volumes, dont le modèle est annexé au présent décret »
CAMBON: « Le grand- de la dette publique sera le titre unique et fondamental de tous les créanciers de la république »
CAMBON: « Il sera fait deux copies du grand-livre »
DELILLE: « .... Un beau jour, de rentiers naufragés Tous les débris à la fois submergés Allèrent se noyer dans la mer du grand-livre »
    Ouvrir, fermer le grand-livre, contracter un emprunt, renoncer à en contracter jamais.

 12   Terme d'ancienne administration. Garde des s, officier qui avait soin des titres de la chambre des comptes.

 13   Terme de marine. Livre du bord, registre sur lequel on enregistre les marchandises et même les passagers.
    Livre de loch, registre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent, les différentes voilures sous lesquelles le navire a couru, enfin tous les incidents et accidents de la navigation.
    Anciennement, registre sur lequel l'écrivain inscrivait les marchandises embarquées.
    Livre de signaux, ouvrage qui contient la nomenclature des signaux et des instructions sur la tactique.

 14   Terme d'administration militaire. Cahier de compte employé dans les régiments. Livre de compagnie, de police, de punition, d'ordre, de détail, etc.

 15   Livre blanc, qui est tout de papier blanc, sur lequel on n'a encore rien écrit.
    Livre rouge, registre sur lequel étaient portées les dépenses secrètes de la cour, pendant les règnes de Louis XV et de Louis XVI.
    Fig. Il est écrit sur le rouge, c'est-à-dire il est marqué ou noté pour quelque faute qu'il a déjà commise.
    Livre noir, se dit des s qui traitent de sorcellerie, de nécromancie.
    Le d'or, le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques.
    Livre d'or s'est dit, sous la Restauration, du registre contenant les noms des pairs de France.

 16   Aujourd'hui, , accompagné d'une épithète désignant la couverture du , se dit des pièces, documents, rapports, etc. que les gouvernements soumettent aux chambres ou au pays pour leur faire connaître leur politique, leur conduite. En France, le bleu est pour les affaires intérieures, et le jaune pour les affaires extérieures (cet usage ne date que de 1852). En Angleterre, il y a aussi un bleu. Le compte rendu de Necker sur les finances de 1781 avait une couverture bleue, et, comme les conclusions en furent contestées, on l'appela le conte bleu.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XLVI: Marsiles fait porter un avant
    XIIème siècle
     Liber psalm. p. 90: Seient eslavé [effacé] del des vivanz, e ot [avec] les justes ne seient escrit
     Roncis. 165: Il prist un , si i list sans faillance
     Th. le mart. 114: De pluisurs altres choses unt entr'els desputé, Dunt um ne m'a encore acointié n'acerté, Ne tut ne puet pas estre en mun noté
    XIIIème siècle
     Berte, I: Qui le as histoires me montra, où je vi....
     Ren. V. 39: À desenor [à déshonneur] muert [meurt] à bon droit Qui n'aime ne ne croit
    XVème siècle
GERSON: « Les bons s font les bons clers »
J. CHARTIER: « Serment sur le et sur la croix »
E. DESCH.: « Ou j'arderay tous les s que j'ay, Qui ont traitté de vertus et de vices ; Ou en brief temps le jugement verray Des grans menteurs qui tiennent les offices »
DE LABORDE: « Un contrefait d'une piece de bois paincte, en semblance d'un , où il n'a nulles feuilles, ne riens escript, couvert de veluiau blanc, à deux fermaus d'argent dorez »

ÉTYMOLOGIE
    Provenc. libre ; catal. llibre ; espagn. libro ; portug. livro ; ital. libro ; du lat. liber, proprement la pellicule entre le bois et l'écorce, pellicule qui a donné son nom au , attendu qu'on a écrit anciennement dessus.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 1. LIVRE.

 6   Livre opposé à réalité, à pratique. Ajoutez :
CORN.: « J'aime à remplir de feux ma bouche en leur présence [des dames] ; La mode nous oblige à cette complaisance ; Tous ces discours de alors sont de saison »

 17   Terme de turf. Livre des paris, sur lequel on inscrit les paris.
    Faire un , parier contre tous les chevaux.


2ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Ancienne unité de poids en France, mais unité très mal déterminée puisqu'elle variait, selon les provinces, de 380 à 552 grammes ; de plus, la division n'était pas partout la même : à Paris, elle se divisait en 16 onces ; dans l'Ain, elle en valait 18 ; à Lyon, elle n'en valait que 12. Une demi-livre. Une et demie. Des chandelles de six à la .
VOLT.: « La de pain valait alors à Paris vingt-quatre de nos sous ; le peuple souffrait, les aumônes ne suffisaient pas ; plusieurs provinces étaient dans la disette »
SAIGEY: « Des douze onces qui composaient la de Charlemagne, Philippe 1er en prit huit pour former le poids de marc à l'usage des monnayeurs ; le roi Jean doubla le marc et composa la actuelle de seize onces »
    Vendre à la , vendre au poids.
BOILEAU: « Dont les vers en paquets se vendent à la »
VOLT.: « Non, monsieur, je n'ai point trafiqué de mes idées ; mais je vous avertis qu'elles vous porteront malheur, et que vous les vendrez à la très bon marché, si on s'opiniâtre à faire un si prodigieux recueil de choses inutiles »
    Il porterait cent s pesant, il porterait un poids de cent s.
    Dans cette locution, on peut supprimer le mot s : cent pesant, deux cents pesant, etc.

 2   Livre métrique ou nouvelle, de 500 grammes ou demi-kilogramme.

 3   Poire de , variété de poire qui est très grosse, dite à Paris poire de catillard.

 4   Terme de tapissier. Demi- allongée, petit clou à tête plate, servant à fixer la toile de tenture sur les châssis.
    Se dit aussi d'un petit clou propre à arrêter les treillages.

HISTORIQUE
    XIIIème siècle
     Blonde et Jehan, V. 2494: Pesée m'est à la grant Mesaventure et mescheance

ÉTYMOLOGIE
    Lat. libra ; comp. le grec.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE 2. LIVRE. Ajoutez :

 5   Unité de mesure des marais salants, comprenant vingt aires et leurs dépendances, Enquête sur les sels, t. I, p. 510.

 6   Terme de préhistoire. Livre de beurre, rognon de silex.
LUBBOCK: « Les gros rognons qui, à cause de leur forme, sont connus sous le nom de s de beurre, ont soulevé de vives discussions ; ils ont ordinairement de 8 à 12 pouces de longueur et ressemblent à un bateau, une des extrémités étant fort large et l'autre se terminant en pointe »


3ème définition d'Emile Littré

Subst. féminin 



 1   Anciennement, monnaie de compte qui valait un poids d'argent d'une , et qui fut progressivement réduite dans le cours du temps.
VOLT.: « Charlemagne ayant ordonné que le sou d'argent serait précisément la vingtième partie de douze onces, on s'accoutuma à regarder, dans les comptes numéraires, vingt sous comme une »
VOLT.: « Le legs que fit Louis VIII de trente mille s une fois payées à son épouse la célèbre Blanche de Castille, revenait à cinq cent quarante mille s d'aujourd'hui »
SAIGEY: « La d'argent, qui, sous Charlemagne, était du poids de 367 grammes et valait plus de 78 francs, pesait moins de 5 grammes et valait moins d'un franc à l'époque de l'établissement du système métrique »

 2   Monnaie de compte qui se divisait en sous et deniers, et qui représentait un poids d'argent de moins de 5 grammes et une valeur moindre que le franc du système métrique. La tournois était de vingt sous, la parisis de vingt-cinq sous. Compter par s, sous et deniers.
    En calculant, on pouvait employer dans tous les cas, et dire : une , deux s, trois s, quatre s, cinq s, six s, cinq cents s, etc. ; mais, dans le langage ordinaire, on disait plutôt : vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs, cent sous, six francs, cinq cents francs, etc.
MOL.: « Plus une potion cordiale et préservative, composée avec douze grains de bézoard, sirop de limon et grenades, et autres, suivant l'ordonnance, cinq s »
BOILEAU: « Prends-moi le bon parti, laisse-là tous les s ; Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? vingt s ; C'est bien dit, va, tu sais tout ce qu'il faut savoir »
LA BRUY.: « Chrysippe, homme nouveau et le premier noble de sa race, aspirait, il y a trente années, à se voir un jour deux mille s de rente pour tout bien »
    Mais, lorsque la somme ne faisait pas un compte rond, on préférait le mot : trois s cinq sous, cinq cent trente-deux s, etc.
MOL.: « Vingt pistoles rapportent par année dix-huit s six sous huit deniers, à ne les placer qu'au denier douze »
MOL.: « Ces trois articles font quatre cent soixante louis qui valent cinq mille soixante s »
    Fig. Faire de cent sous quatre s et de quatre s rien, dissiper son bien en mauvais marchés, en folles dépenses.

 3   Il se dit aujourd'hui pour franc, quand on parle d'un revenu annuel. Avoir dix mille s de rente.

 4   Au sou, au marc, la (c'est-à-dire un sou, un marc pour une ), en proportion de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. Venir, partager, payer au marc la .

 5   Livre sterling, voy. STERLING.

 6   Livre de terre, portion de terrain qui rapportait une de rente.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. XXXVIII: Mielz [mieux] en valt [vaut] l'orl [ourlet] que ne font cinq cenz s
    XIIème siècle
RUTEB.: « Car teiz [tel] a un denier en sa borce qui n'i a pas cinq s »
BEAUMANOIR: « Li mueble et li heritage au deteur doivent estre pris et vendus et paiés as creanciers à la , selonc ce que le dette est grans »
     Berte, CXXXI: Cinq cens s par an à chascun [il] donra

ÉTYMOLOGIE
    Livre 2, parce que la monnaie fut, dans l'origine, aussi pesante que la poids.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin, ou de parchemin, imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble, et formant un volume, recouvert de papier, de carton, de parchemin, de basane, de veau, de maroquin, etc. "Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé. Livre rare. Gros . Petit . Livre broché, relié, bien relié, bien battu. Livre doré, marbré sur tranche. Livre bien conditionné, mal conditionné. Acheter, vendre, louer, emprunter, prêter des s. Un ballot de s. Les s d'une bibliothèque. Catalogue de s. La marge, les marges d'un . Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture, la tranche, le dos, la tranchefile, le signet, les coins d'un ."
"Livre in-folio," Livre dont les feuilles sont pliées seulement en deux; "Livre in-quarto," Celui dont les feuilles sont pliées en quatre; "Livre in-octavo," Celui dont les feuilles sont pliées en huit. On dit de même, "Livre in-douze, in-seize, in-trente-deux, etc.," Livre dont les feuilles sont pliées en douze, en seize, etc.
"Livre en feuilles," Les feuilles imprimées d'un qui n'est encore ni broché ni relié. "Acheter un en feuilles pour le faire relier à sa fantaisie."
"Collationner un ," Voir si un est complet, s'il n'y manque point quelque feuille.
"Livre dépareillé," Volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci. "Il n'a que des s dépareillés."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense, ce qu'on achète et ce qu'on vend, ses dettes actives et ses dettes passives, etc. "Livre de compte. Livre de dépense. Livre de mise et de recette. Écrivez, mettez cela sur votre . Livres de commerce. Livre de caisse. Livre de magasin. Livre de marchandises. Livre de copies de lettres. Livres d'acceptations, d'échéances, etc. Ce commis sait bien tenir les s. Étudier la tenue des s. Un bon teneur de s. Il tient ses s en partie double. Livres paraphés. Exhiber ses s en justice."
"Être porté," ou simplement, "Être sur le d'un marchand," Y être inscrit pour marchandise achetée. "Il est sur le de ce marchand pour telle somme."
"Livre journal," Registre où l'on écrit jour par jour et de suite ce qu'on a reçu ou payé, acheté ou vendu, etc.
"Livre de raison, d'extrait, grand ," Registre où les négociants portent tous leurs comptes par "doit" et "avoir."
Absol., "Le grand-livre," La liste générale des créanciers de l'État. "Être inscrit, porte sur le grand-livre."
"Livre blanc," Livre qui est tout de papier blanc, sur lequel on n'a encore rien écrit.
Prov. et fig., "Être écrit sur le rouge, être sur le rouge," Être marqué, noté pour quelques fautes qu'on a commises.
"Le d'or," Le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques.



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



se prend aussi pour Un ouvrage d'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. "Un excellent . Un plein d'érudition. Livre bien écrit, mal écrit, écrit faiblement. Livre instructif, futile, dangereux. Livre approuvé, censuré, défendu. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis à l'index. Livre anonyme, pseudonyme. Livre revu, corrigé et augmenté par l'auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine, d'architecture, etc. Le titre, l'index, la table d'un . Faire, composer un . Mettre un au jour. Publier, faire paraître un . Dédier un à quelqu'un. Lire, feuilleter, parcourir un . Livre de fonds. Livre d'assortiment."
"Commencer, achever un ," En commencer, en achever la lecture.
"Mauvais ," Livre dangereux, condamnable.
"Livres élémentaires," Ceux qui contiennent les éléments de quelque science.
"Livres classiques," Ceux dont le temps et une approbation universelle ont consacré le mérite, et qui font autorité. Cette expression s'applique plus particulièrement Aux ouvrages littéraires. On appelle aussi "Livres classiques," Ceux qui servent dans les classes à l'instruction de la jeunesse.
"Livres de bibliothèque," Ouvrages d'une grande étendue, qu'on ne lit pas de suite ordinairement, mais que l'on consulte au besoin.
"Livres d'église, s de prières," Les s qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. "Livres de dévotion," Livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc.
Prov. et fam., "N'avoir jamais mis le nez dans un ," Être fort ignorant. "Dévorer un , dévorer des s," Les lire avec une extrême avidité, une extrême promptitude. "Sécher, pâlir sur les s," Lire avec une assiduité excessive.
Fam., "Parler comme un ," Parler avec facilité, mais en termes recherchés ou trop arrangés pour la conversation. Il s'emploie quelquefois en bonne part, et signifie, S'exprimer heureusement sur toute sorte de sujets.
Prov. et fig., "J'y réussirai, ou j'y brûlerai mes s," Je mettrai tout en oeuvre pour le succès de cette affaire.
Fig., "Le , le grand de la nature," La nature observée, étudiée dans les effets et dans les causes. "Le de la nature est ouvert sous nos yeux. Il a lu dans le grand de la nature."
Fig., "Le du monde," La fréquentation, le commerce, la pratique du monde, par lesquels on apprend à vivre dans la société. "Il n'est rien de tel que de lire dans le du monde." Cette locution a vieilli.
Fig., dans le langage théologique, "Être écrit dans le de vie," Être prédestiné à jouir d'un bonheur éternel.
Fig., "Cela était écrit dans le du destin," se dit D'un événement où l'on croit voir quelque fatalité.



4ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi, Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. "Cet auteur a distribué, divisé son ouvrage en douze s. Le premier, le second des Rois. Les vingt-quatre s de l'Iliade."
"Livres sacrés, s canoniques," Les s de l'Écriture sainte qui sont reçus de toute l'Église. "Livres apocryphes," Ceux que l'Église ne reçoit pas, ne reconnaît pas pour authentiques.
"Livres sapientiaux," Les s de la Bible qui sont plus particulièrement destinés à l'instruction morale des hommes, tels que la Sagesse, les Proverbes, etc. On distingue aussi les "Livres historiques" et les "Livres prophétiques."



5ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Poids contenant un certain nombre d'onces, plus ou moins, selon les différents usages des lieux et des temps, et que remplace à peu près le demi-kilogramme. "À Paris et dans la plus grande partie de la France, la était de seize onces. Vendre, acheter à la . Une de fer, de plomb, de viande. Une demi-livre. Une et demie. Des chandelles, des bougies de quatre, de cinq, de six à la . Cela pèse tant de s. Il porterait cent s pesant." Dans le dernier exemple et autres semblables, on peut supprimer le mot "livres," et dire, "Cent pesant, deux cents pesant, etc."



6ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. féminin 


Monnaie de compte valant vingt sous, qui a été remplacée par le franc. "La tournois était de vingt sous, la parisis de vingt-cinq sous. Compter par s, sous et deniers. Ce marchand vend à un sou, à deux sous de profit pour . Ce receveur avait deux deniers, six deniers pour sur le montant de ses recettes." En calculant, on pouvait employer ce mot dans tous les cas, et dire, "Une , deux s, trois s, quatre s, cinq cents s, etc.;" mais, dans le langage ordinaire, on disait plutôt, "Vingt sous, quarante sous, un écu, quatre francs, cent sous, six francs, sept francs, cinq cents francs, deux mille francs, etc." Cependant, lorsque la somme ne faisait pas un compte rond, on préférait le mot "livre," et l'on disait, par exemple, "Trois s cinq sous, quatre s dix sous, cinq cent trente s, mille cinquante-six s, etc."
Il s'employait toujours, et on l'emploie très-souvent encore, en parlant D'un revenu annuel. "Avoir dix mille s de rente, vingt mille s de rente."
"Au sou, au marc la ," Au prorata de ce que chacun a mis de fonds dans une entreprise, ou de ce qui lui est dû dans une affaire commune. "Venir, partager, payer au marc la ." Depuis l'établissement du système décimal, on dit, "Au marc le franc."
Prov. et fig., "Faire de cent sous quatre s, et de quatre s rien," Dissiper son bien en mauvais marchés.
"Livre sterling." Voyez STERLING.



1ère définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

[1re lon. 2e "e" muet.] 1°. Plusieurs feuilles de papier, reliées ensemble. '"Livre" manuscrit "ou" imprimé. = "Livre en blanc", les feuilles d'un imprimé, qui n'est pas encôre ni broché, ni relié.
- 2°. Registre, papier, journal. '"Livre de" compte, "de" raison. '"Le " d'un marchand fait foi en justice. '"Livre" journal. '"Teneur de s".
- 3°. Ouvrage d'esprit, soit en prôse, soit en vers, d'assez grande étendûe pour faire un volume. 'Faire, composer "un ". 'Mettre "un " au jour.
- 4°. Partie d'un volume. 'Poème en 12 "Livres". 'Histoire divisée en six "livres". '"Livre" premier, chapitre second.
- 5°. "À~ ouvert", adv. 'Chanter ouvert", sans avoir besoin d'étudier la note. 'Traduire un auteur ouvert", entendre parfaitement la langue dans laquelle il est écrit.
   "Rem." Quand on dit de "mauvais s", on entend des s contre les moeurs ou la Religion. Madame "de Sévigné" le dit de s mal faits, mal écrits. Voy. DÉVOREUR. L'expression est impropre. = En style "proverbial"; on dit d'un ignorant, qui n'a jamais lu, qu'il "n'a jamais mis le nez dans un "; de celui qui n'aime pas à lire, qu'il est "brouillé avec" les "livres"; de celui qui lit avec une extrême rapidité; qu'il "dévore les s". = "Parler comme un ", très bien. Voy. BRûLER. = "Livre" est beau au figuré. '"Le du" Monde, "de" la Natûre. 'Comment pourrions-nous lire dans "le grand des" secrets du Ciel, puisque nous ne lisons presque rien dans "le de la Natûre", qui semble ouvert à nos pieds. L. "Racine". = * Il est des hommes, qui ont le talent de gâter les meilleures chôses. Parce qu'on dit "le de la Natûre", un Auteur moderne a cru pouvoir dire que: 'Notre vie est "un ", dont "la préface" est l'enfance, et dont chaque "feuillet" que nous tournons est un jour qui passe. "Car.".. quelle maussade allégorie!



2ème définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. féminin 

Poids contenant un certain nombre d'onces. Il y a des "livres de" douze, "de" quatorze, "de" seize, "de" dix-huit "onces".
- 2°. Monaie de compte valant vingt sous. = "Livres" et "francs" sont synonymes pour la signification, mais non pas pour l'emploi. "Franc" ne se met point avec "mille" et "rente", on dit: il a vingt, trente "mille s de rente", et non pas "francs de rente". On dit, au contraire sa maison "lui a coûté" vingt "mille francs", et non pas "vingt mille s". = On ne dit jamais "un franc", "vingt et un francs", ni 2, 3, 5, "francs", quoiqu'on dise, 4, 6, 7, 8, 9, "francs". On ne dit pas non plus, 1, 2, 3 "livres", quoiqu'on l'écrive en faisant des comptes: il faut dire, 20 "sols", quarante "sols", "un écu", cent "sous". = Quand après 5, 6, 7, 8, il suit un autre nombre, on se sert de "livres" et non pas de "francs": l'on dit, 4 "livres", 10 sols, 7 "livres" 12 sols etc. et non pas 4 "francs", 10, etc. = On dit: il me doit 100 "francs"; et ce serait mal dit: il me doit "cent s": mais quand la somme passe cent, il semble qu'on ûse indiféremment de l'un et de l'aûtre. = On dit enfin un sac de "mille francs", et non pas de "mille s". BOUH. Tout le monde n'est pas d'acord sur cette remarque, ni sur l'usage qu'elle supôse.




Emplacement dans le dictionnaire :

littérature
littoral
lituanien
liturgie
liturgique
livide
livien
livrable
livraison

livré
livre sterling
livrée
livrer
livresque
livret
livreur
lobaire
lobby
lobe
lôbe




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...un courage emporté au souffle impétueux de la nécessité ? Les dieux souffriront-ils ma désobéissance ? Puis-je trahir la Grèce et rompre l'alliance ? Une aveugle fureur me force à tout oser. Je la livre à l'autel, à quoi bon m'opposer ? Je t'y verrai monter, défaillante, éperdue, et je supporterai, ma fille, cette vue. Ni tes beaux yeux en pleurs, ni ton dernier appel, n'écarteront tes pas, ma...


Citation n°2 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...consacre en ce moment l'orge et les eaux lustrales. Qu'est-ce donc à la fin que ces devins fameux dont la bouche à tout coup nous fait parler les dieux ? Pour quelques vérités que le hasard leur livre, parmi combien d'erreurs il nous faudrait les suivre ! Clytemnestre je sens, je sens déjà plus calmes mes douleurs. Suis-je toujours livrée au pouvoir des malheurs ? Le fils de la déesse est...


Citation n°3 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

...et que moi seul je verse ici des larmes. (il quitte la scène.) ACTE IV SCÈNE 5 Les Mêmes, moins Agamemnon Clytemnestre Ô ma fille, ô ma fille, ô mon doux réconfort ! Ton père t'abandonne et te livre à la mort ! Iphigénie hélas ! Injustes coups du destin qui m'accable ! Pour moi s'éteint déjà la lumière adorable de l'éclatant soleil ! Et tu péris aussi de ma propre misère, et pour nous...


Citation n°4 de Jean MORÉAS (Iphigénie)

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